06/03/2010

♯ 9 Interview de Kavinsky



Le cas Kavinsky

Tête d’affiche de la soirée d’ouverture de l'United Kingz Festival, Kavinsky était impatiemment attendu hier soir par une foule de jeunes surexcités aux abords d’un club niçois. Vêtus de leurs plus beaux apparats (jean slim et tshirt dernier cri), ils étaient nombreux à négocier l’entrée après qu’un imprévu de dernière minute ait obligé les organisateurs à déplacer la soirée dans un lieu sélect du centre ville.  Sagement en retrait, nous décidions de patienter en nous délectant des échanges aimables entre public fougueux et vigiles lorsque l'artiste pointa le bout de son nez.  Discret, caché derrière ses lunettes de soleil fumées, pas encore repéré, c’est un Kavinsky très cordial mais quelque peu comateux qui nous salua. Pas très fan des interviews, pas forcément à l’aise dans l’exercice, Kavinsky nous a pourtant agréablement accordé hier la seule interview de la soirée.  A la fraiche, dans la rue, et à une heure avancée de la nuit, Kavinsky nous a répondu sur le vif, longuement, et en toute simplicité. Extraits.




A quelques minutes du show tu te sens comment ?
Comment je me sens…j’ai bien mangé, j’ai bu un bon vin, un bon Cognac, j’ai fait une micro sieste et donc me voilà. Il faut que je me fasse un petit verre pour me mettre dedans. Comme quelqu’un de très normal. Comme tous les petits jeunes qui nous regardent.

La sortie de ton prochain EP, NightCall, est prévu pour le 15 mars. Tu appréhendes ?
En fait, il va y avoir un peu de retard, des délais dans la fabrication. Je pense qu’au final ce sera pour le tout début avril. Mais oui j’appréhende pas mal, surtout que ça fait longtemps que je n’ai pas sorti d’EP, ça doit bien faire trois ans. J’appréhende à fond, et le mot est faible.

Sur le premier titre on te retrouve en featuring avec Lovefoxxx du groupe CSS. Comment vous êtes vous retrouvés à travailler ensemble ?
Je cherchais une chanteuse et puis j’ai rencontré Lovefoxxx via mon producteur Marc Teissier Ducros. En fait j’avais casté deux trois nanas avant mais qui au final  ne me plaisait absolument pas. Et puis Guy-Man’ (Guy-Manuel De Homem-Christo, moitié de Daft Punk ndlr) m’a parlé de Lovefoxxx, que je n’ai pas du tout rencontré en fait. On s’est parlé par Ichat, par mail, mais on ne s’est jamais vus. Elle a fait un test, j’ai trouvé ça cool. On a refait un second test en lui donnant deux trois directions mais je n’ai pas eu besoin de lui dire tant de choses pour que ça fonctionne. Je suis super satisfait, super content du morceau.

Le remix du titre est signé Dustin N’Guyen. Sur les forums ça s’excite, tu confirmes qu’il s’agit bien de Xavier de Rosnay  (Justice)?
Vous verrez bien, ça s’entendra. Si c’est bien lui ça se reconnaitra au son. On va laisser un peu de mystère, il ne reste plus que quelques jours.
Pas de confirmation alors ?
Un peut-être, un possible, un plausible. Enfin bon, en même temps, dans la bande de potes, il n’y a pas beaucoup de mecs qui puissent porter de noms à consonances vietnamiennes. Donc j’ai quand même du mal à me demander pourquoi les mecs se creusent autant la tête pour savoir…

Tu n’as pas l’impression que le mouvement électro s’est un peu essouflé cette dernière année ?
Beaucoup d’albums vont sortir cette année, celui de Surkin, SebastiAn…le mien. Les Justice sont repartis en studio. Beaucoup de choses ont été faites, il y a toujours un petit moment de creux, mais ça arrive. Je ne pense pas que le mouvement ce soit essoufflé, il y a des choses nouvelles tous les jours. Maintenant si les gens ont cette impression c’est pas forcément qu’ils sont déçus qu’il ne se passe rien mais plutôt qu’ils sont très impatients. Je suis pas sûr de pouvoir répondre correctement à la question en fait, te donner une vision globale et générale de la situation ce serait plus une question pour Pedro Winter en fait…Il est plus en place que moi, je suis juste un petit mec qui fait son taf dans son coin. Et puis, en fait, je crois que je m’en branle.

Bon, te demander si l’électro s’est assez démocratisé on oublie alors?
Je crois que je préfère aller me servir un drink (rires). Le fait de savoir s’il y a un, deux ou dix milles mecs qui marchent dans le milieu ? Je m’en lave les mains ; moi je ferai toujours ma zic. Je continue toujours de m’intéresser au travail de ceux qui m’ont donné envie de me lancer, ensuite le reste, je ne suis pas trop regardant, je ne focalise pas. Faut pas que ça te sorte de ton truc à toi.

Les artistes classés électro ont tendance à d’abord séduire l’étranger avant de cartonner en France...
Complètement…Je matais un dessin animé tout à l’heure : un cosmonaute qui arrive sur une planète d’extra terrestre et du coup c’est lui qui devient l’extra terrestre… Quand un mec vient d’ailleurs c’est toujours plus intéressant. C’est vrai que je préfère jouer à l’étranger la plupart du temps. Je ne généralise pas, mais c’est vrai que le public français est assez critique et ce n’est pas toujours justifié.  Je pense à la Belgique ou l’Espagne par exemple, ils sont plus relax…alors je ne sais pas si c’est parce qu’ils boivent plus, qu’il prennent plus de drogue, qu’ils se couchent plus tard…

Faut être sous influence particulière pour apprécier l'électro?
Je ne suis contre rien et pour rien…

Tu penses que les gens se tournent vers l’électro parce qu’ils s’ennuient musicalement parlant ?
Ca doit arriver parfois je pense. Mais je vois mal un mec qui écoute Christophe Mae se tourner vers Kavinsky . Il y a ceux qui écoutent de la house classique, basique, linéaire et qui finissent par se tourner vers des choses un peu plus personnalisées. Myspace ça marche plus, il n’y a plus que les pros qui y vont pour voir la gueule que t’as, le public n’y va plus. Ouais t’as peut-être raison, il y a peut être un petit blanc, mais je ne vois pas le truc s’endormir, il y a trop de trucs qui arrivent pour que le mouvement perde de son importance.

Tu veux faire bouger ou planer le public ?
Planer c’est quand même mieux que bouger…Ca peut paraître prétentieux ceci dit. Qu’ils se bougent c’est déjà pas mal, après s’ils planent tant mieux.

Tu penses qu’on peut bien vieillir dans l’électro ?
Tu me demandes ça parce que j’ai les cheveux blancs ? (rires). Ha, je ne sais pas si je ferai ça jusqu’à cinquante piges, l’essentiel c’est que je continue à me marrer. Je mettrai toujours des baskets et des cuirs dégueulasses à cinquante piges. J’arrêterai le jour ou je sentirai l’ennui arriver.

Tu te dis déjà mort. Tes inspirations proviennent de la culture eighties. Kavinsky fantôme des années 80 ?
Pas un fantôme, un zombie. Il ne traverse pas encore les murs Kavinsky, il n’est pas vaporeux, il est en chair et en os. Après, tu restes influencé par ce qui t’as bercé. Ce sont des automatismes en fait.

Tu penses que pour se démarquer il faut se créer un personnage ?
Je  ne sais pas trop, je commence à me dire que oui en voyant tous ces mecs sous casques et masques.
Et toi c’était calculé ?
La seule raison pour laquelle je ne me montre pas trop moi, Vincent Belorgey de mon vrai nom, c’est parce que je n’ai pas envie de faire d’interviews filmées ou faire des couvertures de magazines, je trouve ça ridicule.
Le public est quand même curieux de savoir à qui il a affaire non ?
On ne va pas citer l’exemple célèbre des Daft Punk, tout le monde a envie de savoir à quoi ils ressemblent, ca fait partie d’un jeu.
Le mystère attire …
Il n’y a pas de mystère en ce qui me concerne, je ne me cache pas, je n’ai juste pas envie qu’on diffuse mon image. Si tu vois ma gueule et que t’écoutes ma musique en même temps ce sera pas la même chose qu’avec des dessins qui je pense te transportent un peu plus  et qui te pourrissent un peu moins le kiff que si c’était moi en survêt avec mon chien entrain de donner une interview pour Trax. Je pense que les dessins permettent plus de s’évader avec la musique que je propose. Qu’est ce que t’en as à foutre de regarder un clip avec un mec qui marche et de le voir chanter, c’est juste horrible. Je ne vais pas te sortir le cliché des images qui doivent transporter la musique mais c’est à peu près ça mon concept, et je le trouve très sain.

On sait qu'outre la musique, il t'est plusieurs fois arrivé de faire l'acteur. Tu dis aimer que la musique amène des images. NightCall tu l'as imaginé comme un film ?
L’un va avec l’autre. J’arrive pas à m’imaginer de la zic sans images et vice versa.
Tout l’album est imaginé comme une histoire. Cet EP c’est Kavinsky zombie qui retourne avec sa caisse sur le lieu de sa mort, trois ans après. C’est un peu sa caverne, sa planque, mais personne ne la connaît. Tout le monde sait qu’il est mort mais sa tombe est vide. Même sa petite amie qu’il rappelle, d’où le nightcall, pensait qu’il était mort, mais elle a refait sa vie…

Si tu devais collaborer pour la B.O d'un film, se serait pour quel réalisateur?
J’ai fait une zic pour le film de Gaspar Noé, je ne sais pas trop où ça en est à cause de problèmes de maison de disques. Sinon l’idéal pour moi se serait de faire quelque chose avec Carpenter, bien que ses films soient devenus très moyen. Je ne dis pas que c’était des chefs d’œuvre avant, mais ils avaient un certain charme qu’on ne retrouve plus aujourd’hui. Sinon, je sais pas, j’irai pas jusqu’à te dire John Landis qui fait un film costumé situé au 19ème siècle, ça pourrait pas coller. Tout dépendrait du film en fait. Je ne pense pas être assez talentueux pour pouvoir claquer n’importe quelle type de musique avec du clavecin et de la flute à bec, faudrait que ça reste dans mes cordes et mon esprit. Si le film est bon, tout me va, peut importe si le réalisateur est connu ou pas.

Et sur les écrans, on te revoit bientôt ?
Non, j’ai mis ce truc là de côté. Les trucs qu’on me proposait ne me plaisaient pas, je n’avais pas envie d’aller faire le kéké pour un projet un peu bidon. Et puis je n’avais pas l’énergie d’aller faire des castings, c’est un exercice dont j’ai horreur. J’ai vite lâché. J’aime bien jouer dans les films de mes potes mais c’est tout, me retrouver en face d’un mec avec une caméra qui me dit « vas y donne tout ce que t’as »…ca non j’y arrive pas.

Tu as un film culte ?
Rencontre du troisième type de Spielberg, c’est un film que je peux regarder 5 fois par jour.

Dernière question, si Kavinsky devait se trouver un alter égo féminin ?
Je ne connais pas beaucoup de meufs qui font de la musique à part des DJette un peu relou qui se la raconte souvent en fait. Là tu me colles, j’aimerais bien en trouver une en plus. J’aurai tendance à penser à une de mes potes qui me ressemble bien mais ca ne parlera pas trop au public.

Playlist :

- Fan out / Surkin
(http://www.deezer.com/music/surkin/silver-island-ep-500793?provider=website)
- Ennio Morricone.
- Riz Ortolani.
(http://www.deezer.com/music/riz-ortolani/cannibal-holocaust-original-soundtrack-by-riz-ortolani-295521?provider=website)


http://www.myspace.com/kavinsky

06/02/2010

♯ 8 Interlude musicale : Ben Watts' playlist.




Découvrez la playlist Ben Watts avec The Zombies

♯ 8 Interview of Ben Watts.


Ecstatic energy


Once, we've been lucky to hear about Ben Watts thanks to a little article in a magazine. Since this moment, we completely fell in love with his work.
If you don't know the man yet, go straight ahead for his Lickshot and let yourself being stuck in a world of energy.
Always working between Los Angeles and New York - when he's not in a marvelous beach to shoot beautiful models - the photographer is a busy guy. Keeping in touch with him was a hard try, but hey, after a kindly chase of emails, we finally got the chance to start a quick interview up.


                                                         ©D.R



Ben, could you first tell us what type of cameras you work with ?
I shoot with Canon Mark III's 

What is your favorite photography accessory, other than your camera?
My dewalt boom box

What lighting equipment do you take on a shoot? 
I try to shoot mostly natural available light.

What has been your most memorable shooting and why?
Every time I shoot is memorable...I don't take jobs on that are not important...I'm extremely conscious of that...I travel the world go to amazing places and I have a head full of memorable moments and memories.

The photo you’re the most proud of ?
I take pride in every image I take... It's then up to the eye of the beholder...But I feel proud when someone is excited by my work...I'm proud of the stories told through my journals.

We know that each of us has someone or something, which inspires our life and work. Can you tell us the true basis of your inspiration?
Wanting to do well and succeed in a profession that I'm passionate about.

Is there anything you would have done differently during your photographic career? 
Assisted longer to learn more about light and client management

When you take a picture of a celebrity, what are you trying to get out of him or her? What’s your main goal ?  
Capture the personality and the energy.

Has anybody ever refused to work with you ?
Not that I know of...maybe!

Is there a french celebrity you’d like to shoot ? 
You don't have to be a celebrity for me to want to shoot, I'm interested in character personality and individual style.

How do you set a photo shoot ? Is it all about the image the celebrity has toward the public ? Or do you try to go on the opposite direction ? 
It's all about mood and energy, nothing forced.

How do you act in a photo shoot ? Is there a lot of improvisation or do you control everything ? I have a plan, a starting plan, then I move from there, but always have a plan.

Are you directing the models a lot, do you give a lot of indications? 
I direct a lot.

What kind of relationship do you like to create with your model ? 
One where they feel comfortable and not self conscious.

It’s often said that photo shoots are not the favorite exercise for celebrities, but it seems like there is a lot of joy and pleasure in your photos. Are people always that happy to be there, working with you ? Not always but I try and take...off the shoot and make it painless...and fast.

Color is a very important part of your work right ? We're always attracted to a touch of color, even the most discrete one...
I love bright color...bold color

What is your favorite style of exercise in photography ?
Candid lots of movement 

Let’s talk about your scrapbook ? How did you come up with this project, collecting ten years of photos ? 
I always kept a journal from collage so it was a work in progress.

What's a lickshot ?
It's a salute in Jamaica...When a DJ plays a great song a lickshot may be fired in the air.

Heath Ledger was one of your close friends, was it a tribute to put him on the cover ?
The photo suited the title...He's a great talent sadly lost.

You’re a big fan of music and you said that it is natural for you to take picture of the music underworld and the people in it. Why did you choose a camera instead of a guitar or a microphone ? Ha...I can take pictures, it's my passion and I was lucky enough to make career of it.Music?...I can't sing or play any instruments!

Was it an easy or a hard thing to shoot your own sister (the actress Naomi Watts) ? 
It's been always easy. We get on well and strangely enough it works effortlessly.

There is something fun and young about your work. Always this energy very present... 
I'm an energetic person...sometime too much so.




http://www.benwatts.com/

11/12/2009

♯ 6 Interlude musicale : Covers.



La reprise est un exercice intéressant certes, mais au combien risqué. En effet, au compteur, nombreux sont les titres qui furent massacrés par des artistes un peu trop audacieux, pour ne pas dire prétentieux. Ne valant pas la peine d'être même cités, nous préférons nous attarder ici sur les petites perles d'autres aventureux talentueux.
Et parce qu'il est toujours bon de partager coups de coeur et découvertes, nous vous invitons à compléter la liste qui suit en proposant à votre tour quelques morceaux choisis.

 



Découvrez la playlist Covers... avec Ryan Adams



Hurt - Johnny Cash 2003 (orig. Nine Inch Nails 1994)


The man who sold the world - Nirvana 1993 (orig. David Bowie 1971)


Light my fire - Shirley Bassey 1970 (orig. The Doors 1967)


Black Steel - Tricky 1995 (orig. Public enemy 1988)


Wonderwall - Ryan Adams 2004 (orig. Oasis 1995)


Hallelujah - Jeff Buckley 1994 (orig.1994)


All along the watchtower - Jimi Hendrix 1968 (orig. Bob Dylan 1967)


Summertime - Scarlett Johansson 2006 / Janis Joplin 1968 (orig. George Gershwin 1935)


Running up that hill - Placebo 2006 (orig. Kate Bush 1985)


American Woman - Lenny Kravitz 1998 (orig. Guess Who 1970)


Everybody's gotta learn sometimes - Beck 2004 (orig. The Korgis 1980)


Simple Man - Deftones 2005 ( orig. Lynyrd Skynyrd 1973)


It's not over yet - 2006 The Klaxons (orig. Grace 1995)


High & Dry - Jamie Cullum 2002 (orig. Radiohead 1995)


Et aussi...


I shot the sheriff - Eric Clapton 1974 (orig. Bob Marley 1973)



I just don't know what to do with myself - The White Stripes 2003 (orig.Muddy Waters 1954)



Miss you - Jamiroquai (orig. The Rolling Stones 1978)



Lullaby - Jimmy Page & Robert Plant (orig. The Cure 1989)



Knockin' on Heaven's door - Guns'N'Roses 1991 (orig. Bob Dylan1973)



Rockin in the free world - Pearl Jam (orig. Neil Young 1989)



Darling Nikki - Foo Fighters 2003 (orig. Prince 1984)



New York New York - Cat Power 2008 (orig. Frank Liza Minelli 1977 / Frank Sinatra 1980)


20/11/2009

# 5 Interview de Pony Pony Run Run



PPRR: pop amusée et assuméé

Parce qu'ils ont déversé tout l’été leur pop sucrée légère et dynamisée dans nos oreilles, les Pony Pony Run Run sont les nouveaux responsables de notre envie d’exil exotique.
Avec leur premier titre Hey you, les trois nantais ont réussi une entrée  fougueuse à la fois sur la scène française  et européenne. De passage sur la côte à l’occasion de leur tournée, nous les avons rencontré. Autour d’une table et de quelques verres, nous avons donc fait la connaissance de Gaetan, Amael et Antonin, garçons aussi timides que désopilants. A quelques heures du concert, meme si les visages sont cernés derrière de grandes lunettes, l’enthousiasme est toujours présent.






Comme le font maintenant beaucoup de groupes français, vous avez commencé par  vous expatrier à l'étranger avant de connaître le succès en France. Comment expliquez-vous ce phénomène ?

G: Pour nous, jouer à l'étranger, ça faisait partie d'une ambition. Quand on a débuté, on s'est beaucoup servi du net, de myspace notamment, pour se faire connaître. Petit à petit on a été contacté pour faire des concerts, on nous a proposé des dates dans des salles étrangères. Le phénomène de la french touch qui sévit depuis quelques années a eu des répercussions bénéfiques pour les groupes qui ont suivi Justice par exemple. C'est devenu plus simple de se produire à l'étranger. En ce qui nous concerne, c'est à force de faire des dates à l'étranger qu'on a été contacté par des labels.

Chanter en anglais ça faisait partie d'une stratégie ?

G: Je pense qu’on ne s’est jamais posé la question en ces termes, tant c’était une évidence. Notre culture est belle et bien anglo-saxonne et notre envie de proposer des textes en anglais était naturelle. Nous n'avons rien calculé. C’était le premier réflexe.
Pour moi, c'est aussi plus simple d'écrire en anglais. Je trouve qu'il existe une musicalité inhérente aux mots de cette langue. Ecrire en français n'est pas forcément facile, les retours sont tout de suite plus critiques.

Vous avez connu un réel buzz cet été avec le morceau "Hey you". Ca vous a mis la pression pour la suite ?

G: En fait on ne s’est pas vraiment rendu compte tout de suite de ce qui se passait. On bougeait pas mal en tournée et je crois que c’est réellement à Montreux qu’on a eu le déclic, quand le public s’est mis à chanter. On a un peu halluciné mais ça a été une bonne surprise, une motivation. On connaît maintenant l’attente du public, on en a pris conscience, ça nous permet de l’utiliser pour la scène.

Le public français est-il un bon public ?

G: C’était pas un public de « ouf » au début, comparé aux étrangers. En Allemagne par exemple, on a eu le droit à des publics déchainés, pire en Pologne. En France, on a vu le changement à la rentrée, après que Hey You ait bien cartonné tout l’été je pense. On s’est retrouvé à jouer devant des publics encore plus puissants qu’à l’étranger. Je pense à Montpellier notamment où c’était assez dingue. Avant les gens étaient plutôt statiques. Il y avait peut-être un éventuel pogo de temps en temps. Depuis quelques mois, on sent qu’ils participent vraiment, et un réel échange s’installe. Plus les gens sont à fond, plus on a envie de donner.

Comment appréhendez-vous votre concert de ce soir à Nice ?

G:On a bien fait la fête hier et on est fatigué, mais c’est bien il va falloir se surpasser (rires). Sinon, non, on n'a aucune appréhension particulière, aucun à priori sur le public. Bon quand on sait qui est votre maire…mais je voudrais pas parler politique…

On vous demande souvent d'où vient le nom du groupe. A vous croire, tout viendrait de la fameuse pub Juvamine ?

G:Il faut que je fasse la lumière sur ce que je raconte à un moment donné, parce que la vérité, c’est que je répond un peu n’importe quoi à chaque fois.C’est vrai qu'à l'époque, quand j'étais gamin, j'étais fasciné par cette pub. Je la voyais se répéter sans cesse et j’y trouvais quelque chose de vicieux. A chaque fois je me demandais si j'étais pas entrain d'halluciner et si j’étais pas le seul à la voir se répéter. J'imagine que c'était très efficace puisque c'est resté ancré dans nos mémoires. Du coup, on a voulu nous aussi tenté le truc, un peu à l'image de Talk Talk, Duran Duran...Mais en fait je crois que c’est un peu un échec puisqu' on s’aperçoit que les gens disent Pony Run Run. On lutte un peu. T’essayes d’être deux fois plus incident mais au final les gens retiennent deux fois moins...

 Vous venez tous des beaux arts, si la musique n’avait pas pris, vers quoi vous seriez vous redirigé?

G: On a toujours fait de la musique, et quand on a décidé de monter le groupe on ne s’est pas posé la question. On était motivés et on a fait que ça, on ne s’est jamais dit qu’on voulait faire autre chose. On a été très soutenu par notre entourage. Quand tu es honnête, je pense que tu peux avoir un seul propos artistique et plusieurs façon de l’exprimer. Aux beaux arts, on avait des méthodes de travail différentes les uns les autres. Il y avait un perfectionniste, un bordélique…aujourd’hui on use toujours de ça pour créer des notes, des mélanges de sons, ça donne des mixtures intéressantes.

Il y a tellement de groupes qui emergent aujourd’hui. Pour se démarquer, beaucoup essayent de se créer une indentité visuelle autour d’un style ou de personnages. Je pense aux Naïve New Beaters par exemple. Vous appliquez cette demarche ?

G: Pas du tout. A la base on ne voulait même pas se montrer, pas être représenté. D’où le fait qu’on n’apparaisse pas dans le premier clip. On voulait juste avoir un graphisme visible, seule image du projet PPRR. C’est vrai que des mecs comme les NNB jouent complètement sur le look et l’attitude, et je pense que ça doit représenter une bonne partie de travail. Mais pour nous ça ne fait réellement pas partie du truc. La musique peut se dégager de toute image. On a voulu se démarquer par le son et non pas par le style. On préfère prendre le temps de bosser sur un titre plutôt que de se prendre la tête à savoir si on a une bonne image. Il n’y a aucune maitrise de notre projet à ce niveau là. Rien de marketing.

Vos influences sont nombreuses, sur l’album on retrouve pas mal de styles différents. Ca ne vous agace pas qu’on essaye toujours de savoir dans quelle case vous placer ?

G: C’est clair qu’on nous pose souvent la question mais c’est bien parce que ça nous permet de creuser. On a tous des influences différentes. Mais on s’entend sur énormément de choses. Au final, on est définitivement « pop ». Après, on privilégie les morceaux, ils sont transportables et non pas figés dans une forme.

J'ai pu lire que vous aviez aussi des influences qui provenaient du zouk...

G:  Ouais je sais pas, c'est un don, je suis victime de mes bons et mauvais goûts. On s'en fou un peu en fait de savoir si ce qu'on aime c'est ringard ou branché, du moment que ça apporte quelque chose de positif à nos morceaux.
Antonin: Non mais c'est vrai on rigole mais la fois dernière je me suis surpris à aimer l'instrumentation d'une chanson de Francky Vincent. Un morceau qui parle de zizi, un truc aux paroles bien engagées tu vois. 

Vous avez récemment fait la première partie de Katty Perry. Ca peut paraitre surprenant. Comment s’est fait le deal ?

G: Elle nous a repéré via myspace. On a fait sa première partie à Glasgow à la fin de l’été.  C’était plutôt cool comme expérience. On a pas le même public mais les gens ont était réceptifs. On est pas vraiment fan de ce qu’elle fait mais on respecte son travail, et puis le plateau scène était plutôt agréable.

Petite question subsidiaire.  Après la main d’Henry la France entière se réveille divisée. Un avis sur cette tragique polémique ?

Je dis bravo. Henry, c’est deux fois mieux que Maradona.

Album : You need Pony Pony Run Run
www.myspace.com/ponyponyrunrun

M.L

08/11/2009

# 3 Interlude musicale / La playlist de Julien Lachaussée




Découvrez la playlist Julien Lachaussée avec Guns N' Roses

# 3 Rencontre avec Julien Lachaussée.




La vérité sans paillettes


Julien Lachaussée est un jeune photographe parisien de 33 ans. Notamment connu pour avoir collaboré avec la marque Edwin, le photographe révèle à travers ses clichés une fascination pour la rue et ses côtés sombres. Personnage à l'humour pourtant survoltant, il assume ses choix et ne s'en détourne pas. A contradiction avouée, interview décomplexée.



Autoportrait J.Lachaussée.


L'underground et les personnages dit marginaux constituent tes thèmes de prédilection. Pourquoi cette attirance ? 


Je viens de la culture du skate que j'ai énormément pratiqué étant jeune. J'ai donc beaucoup trainé dans la rue, les parkings, j'essayais de bouger un maximum dans les endroits un peu underground. Je connaissais pas mal de monde, j'avais des attaches. J'ai commencé à prendre des photos pour m'amuser et puis je me suis aperçu que ça me plaisait vraiment. J'ai fini par m'inscrire dans une école de photo. Par la suite, mettre en scène cet univers que j'avais tant côtoyé est devenu une évidence.


Ce que l'on retient le plus de toi, c'est ton travail autour du tatouage. 


Les gens ne s'intéressent souvent qu'à cette petite partie de mon travail. J'aime le tatouage car j'aime l'esprit rock et toutes ses déviances. C'est aussi devenu un phénomène de société intéressant à étudier. J'aime rechercher des gens qui ont une véritable histoire à raconter avec leurs tatouages. Parfois, à travers eux, on découvre une partie de leur personnalité insoupçonnée. C'est ce qui me plait.


Les tatoués, les gangs, la rue...ce sont des thèmes assez récurrents chez les photographes. A sujet banal, traitement exceptionnel. Comment penses-tu te démarquer ?


Je travaille sur un projet de livre. Je voudrais proposer des photos de gens tatoués qui viennent d'endroits divers: des bikers, des streap teaseuses, des bodybuilers, des videurs de clubs, des skinheads, des gens un peu "voyous". Le but étant de réussir à déchiffrer et comprendre les codes de chacun. Tout ça me passionne. A côté de ça, je ne cherche pas réellement à me démarquer. Je ne fais pas attention à ça, je ne regarde pas trop ce que font les autres. Généralement, c'est quand on cherche à se démarquer qu'on y arrive le moins.  J'essaye juste de faire mon travail le plus honnêtement possible, en tentant de mettre en avant le détail unique. Ces personnes aiment se faire différencier.





Tu es toi même tatoué ?


Oui, j'en ai quelques uns. Mais c'est perso. C'est mon petit univers à moi.


Paris et son élitisme branché. Tu as maintenant ta petite notoriété, et les approches doivent se faire. Tu n'as pas l'air intéressé?


C'est difficile de percer à Paris. Et comme tu dis, c'est assez élitiste, tout marche par le relationnel. Mon univers n'est pas simple à vendre ici. J'envisage plutôt de bouger à Londres ou aux Etats Unis où on offre plus de liberté.  Je travaille d'ailleurs avec le magazine anglais Sang Bleu en ce moment. C'est très enrichissant, ils sont ouverts et je peux leur proposer mon univers sans trop de pression. C'est important pour moi de garder une ligne qui soit la plus honnête possible. Je n'assumerai pas un cliché qui ne me ressemble pas.


Pourtant refuser des projets c'est refuser de l'argent ? C'est devenu compliqué de vivre de la photo.


On vient vers moi car on a aimé le travail que j'ai commencé. Les gens savent dans quelle culture je baigne. Je suis assez sélectif quant aux propositions que j'ai car je veux garder cette sincérité dont je parlais. Je pense qu'accepter une collaboration pour l'argent me causerait plus de tort qu'autre chose. L'aspect financier est certes un réel problème pour un photographe qui veut se lancer. Mais pour moi ça ne prime pas. J'aurai pris un chemin tout à fait différent si c'était le cas. Je ne veux pas faire de compromis car je veux rester le plus authentique possible. Je ne vais pas travailler en fonction de ce qui plait aux autres. Si tu commences à te vendre, tu t'enterres tout seul.








Dans ton parcours, il y a le facteur chance. Je pense à ta rencontre avec Jan Welters.


C'est vrai, on s'est rencontré vraiment par hasard après mon école photo. A l'époque je ne pensais pas encore en faire mon métier. Je faisais du skate mais il me fallait un truc plus constructif.  Je bossais dans une boutique Levi's dans laquelle il y avait une galerie. Une de mes collègues avait une amie dont le mari était Jan Welters. Je l'ai rencontré comme ça. Avec lui j'ai tout appris. Il a un super oeil, une vraie identité, il est très rock mais très humain. C'est un véritable photographe de mode. Quand j'ai arrêté de travaillé avec lui, j'ai eu beaucoup de mal à trouver ma propre identité car j'étais très imprégné de son travail. Mais il m'a poussé à continuer. C'est devenu un ami.



Cette attirance pour les personnages sombres est-il révélateur de ton état d'esprit ? Te sens-tu proche d'eux ?


J'adore m'amuser, je suis quelqu'un de très joyeux. Cet univers très sombre peut être destabilisant pour certains, mais je suis en décalage avec tout ça. C'est difficile de le faire passer. Ces gens ont fait un choix de vie. Se faire tatouer c'est un vrai choix, une direction. Et ils l'assument. De mon côté, j'essaye de faire ressortir un maximum d'informations à travers leur portrait. Ils ne se livrent pas tous de la même façon. Certains se confessent sur leur vie personnelle, leur orientation politique. Je ne suis pas forcément d'accord avec eux mais ça me donne des indications, des idées pour mettre en scène le sujet.  En fait, j'aime bien me mettre en porte-à-faux, c'est aussi ce qui me donne l'adrénaline.





Ces personnes dites marginales, mais qui sont en fait marginalisées par notre société, semble plutôt prendre nos préjugés à contre pied et s'en amuser. C'est ce qu'on ressent à travers tes photos.


Totalement. La majorité des personnes que je photographie sont drôles. On hésiterait à déconner avec eux au premier abord, mais je peux assurer que ce sont des personnes vraiment marrantes. Ces gens n'ont pas de frustration, ils sont épanouis. Ils le sont souvent bien plus que le mec dans son costume trop propre sur lui qui ne sait pas se lâcher.
Mais si j'apprécie qu'ils se prennent au jeu, ce que je respecte le plus, c'est qu'ils ont une vraie valeur. Ils tiennent parole, n'annuleront pas un shooting pour lequel ils ont donné leur accord.


Tu es passionné par la rencontre.


On ne peut pas faire de belles images sans qu'il y ait un rapport de confiance entre le modèle et le photographe. C'est important que le modèle se sente à l'aise. Il faut qu'il y ait un partage. Je ne fais pas de photo sur le vif. Je réfléchis à ce qu'on pourrait faire avec mon modèle. L'endroit est très important par exemple. Il faut qu'il y ait une histoire, que ça lui corresponde.
Les années que j'ai passé avec Jan, j'essaye de les appliquer dans mon travail aujourd'hui pour donner ce côté reportage esthétisé.


Quel est l'exercice de style que tu apprécies le plus en photographie?


J'aime beaucoup le portrait. Mais je commence à me diriger vers de nouvelles choses, notamment dans le life style où il y a plus de mise en scène. Je photographie aussi des voitures, les styles commencent à se diversifier de plus en plus.


Et parlons d'Edwin. Comment un jeune photographe débutant a-t-il réussi à décrocher une collaboration avec une marque de vêtement ?


J'ai rencontré les créateurs de la marque complètement par hasard. Une fois encore, par le biais d'une amie qu'on avait en commun. C'était l'une des rares fois où j'avais mon book avec moi, ils l'ont regardé et ont eu un coup de coeur. Ils m'ont alors proposé un projet que j'ai trouvé génial. J'avais carte blanche. On a rassemblé des gens à forte personnalité, avec des gueules comme on dit, pour en faire les stars d'une exposition itinérante. Certains portraits ont servi ensuite pour la nouvelle campagne de pub de la marque. Le but était de faire comprendre qu'Edwin était une marque pour tous. Ca a été une super expérience.





Tu travailles avec quel matériel?


Je travaille en argentique, au moyen format. Je trouve que c'est plus fort, plus fonctionnel. Je trouve le résultat beaucoup plus humain qu'un travail au numérique. C'est plus traditionnel, il y a plus de relief, plus de chaleur. Aujourd'hui tout va vite. Avec l'argentique, tu prends le temps de réfléchir. Et il y a le facteur risque qui me donne l'adrénaline.


Quelles sont tes références dans le métier? Un photographe que tu aimes en particulier ?


Je ne suis fan de personne. J'aime aller regarder à droite à gauche. A vrai dire, mon univers, mes inspirations viennent plus du cinéma et de la musique que de la photographie en elle-même. Et ça peut aller du plus ringard au plus acclamé! J'adore le kitch, j'adore la culture américaine, les teen movies. Dans mes clichés j'adore cassé le côté dur avec un trait d'humour.


Quel regard portes-tu sur l'évolution de la photographie? On peut constater un intérêt grandissant pour le genre. Penses-tu qu'il y aient beaucoup d'impostures?


Je me sens de moins en moins concerné. Je ne vais plus sur les salons de photo qui sont devenus à mon sens des salons d'informaticiens. On n'y vend plus de matériel qu'on n'y parle vraiment photo. C'est pour les nerds.
Beaucoup de gens se lancent dans la photographie du jour au lendemain. J'essaye de ne pas y penser, ça me déprime! La photographie est un métier noble et on est entrain de le piétiner. Il n'y a rien de tel qu'un beau tirage, un beau papier, et un travail d'équipe. Aujourd'hui, tu fais 300 photos à partir d'un numérique avant d'être satisfait et encore, tout est retouché.


Tu ne retouches pas tes photos?


Je ne retouche rien du tout. A part quelques petits contrastes comme tout le monde. Mais sinon non. J'aime le côté imparfait de la photo. Je ne fais pas de la mode, je ne cherche pas à embellir le plus possible mon cliché. Le défaut de la photo c'est aussi ce qui va lui donner son charme. C'est comme dans la vie. A trop vouloir rendre la photo parfaite, on finit par délivrer une photo qui n'est pas du tout représentative de la réalité.


Une photo d'un autre que tu aurais aimé faire ?


Je suis trop dans mon cocon pour ça. Je suis content des belles choses, ça fait du bien. Mais je n'ai ni envie ni regrets. Je ne me dis pas que tout a été fait, mais que tout est à refaire. Les gens vieillissent, prennent des rides, les traits changent. Je me demande alors ce que je pourrais faire pour proposer mieux.


Une photo que tu rêverais de faire ?


J'adorerais pouvoir travailler avec Mickey Rourke ou Calvin Russel. Ils ont un passé, des histoires riches. J'espère que ça constituera une partie de la suite de mon travail.


Un conseil à donner aux photographes débutants ?


Je n'ai pas vraiment de conseils à donner, je suis encore au début. Mais ce que je peux tirer de mon expérience, c'est qu'il faut faire ce travail avec humilité et prendre un maximum de plaisir. C'est un milieu tellement difficile qu'on est vite découragé, notamment par le côté financier dont on parlait plus tôt. Il faut avoir des gens autour de soi, des amis, de la famille, qui nous encouragent, qui nous disent qu'ils croient en nous. Il faut être passionné pour ne pas abandonner. 


Tu es photographe, mais tu refuses qu'on te prenne en photo...


C'est vrai que je n'aime pas trop qu'on me prenne en photo. Je suis très difficile, très critique. Et certainement pas encore assez vieux pour être intéressant. A 50 ans qui sait.
Dans ce métier on a des retours assez vite, c'est donc important de pouvoir contrôler son image et de le faire bien. Je n'aime pas que les choses soient déformées.


Tu nous disais un peu plus haut que tes inspirations venaient plutôt de la musique et du cinéma. Quelles sont tes références ?


Je suis ultra fan de musique! J'écoute tout sauf du rap et de la techno. J'aime le Hip Hop pour son côté esthétique mais musicalement parlant, ça ne me donne pas de frissons. J'adore les groupes de rock des années 80 du genre Guns N' Roses, tu vois les mecs avec leurs cheveux longs et leur guitare. J'aime aussi beaucoup Chet Baker. Tiens lui j'aurai adoré faire son portrait par exemple. Il avait une identité que j'aime vraiment. Un charisme. Quand tu t'intéresses à sa musique, tu es obligé de t'intéresser à sa vie. Je te conseille de voir le film Let's get lost, inspiré de sa vie. C'est intense.
En France niveau musique c'est flippant. Ca me déprime. Bashung était super. Daniel Darc j'aime bien, en tant que personnage il dégage.
Sinon...on ne rigole pas mais j'aime bien Florent Pagny.


C'est dur de se retenir...


Ouais d'accord. Et puis non j'assume ! Je trouve qu'il a des couilles ce mec. La Patagonie, sa chanson sur le fisc...il a tenté le truc.


Et niveau cinéma ? 


J'adore Platoon. Et je suis fan de Johnny Depp, je dirai donc Edward aux mains d'argent. Je peux aussi dire Rambo et Conan le barbare...


Non...


Ca déchire ! Le film de ma vie c'est les Gremlins. Je l'ai vu 30 ou 40 fois. 
Je suis une contradiction permanente ! 


www.julienlachaussee.com
www.myspace/julienlachausse.com


M.